GUEULES
CARRÉES
Dany Alleman

L’ÉQUILIBRE DES SYMBOLES
Avec Gueules Carrées, Dany Alleman explore un territoire où le visage cesse d’être un simple révélateur de l’individu pour devenir un élément parmi d’autres dans la construction du sens.
Réduites à une structure presque géométrique, les figures semblent d’abord imposer leur présence. Pourtant, à mesure que le regard s’attarde, elles cessent progressivement d’occuper le centre de l’image. L’attention glisse vers ce qui les entoure : objets, matières, espaces, signes, fragments de récit. Le contexte n’accompagne plus la figure ; il la transforme.
Chaque peinture fonctionne ainsi comme une mise en scène ouverte. Rien n’y est véritablement expliqué, mais tout semble porteur d’indices. Les éléments qui composent l’image suggèrent autant de trajectoires possibles, de souvenirs, de situations ou d’événements à venir. Le spectateur est invité à circuler dans cet ensemble sans qu’aucune interprétation ne s’impose définitivement.
Les gueules noires poussent ce mécanisme jusqu’à l’épure. Délestées de toute identité précise, elles deviennent des surfaces de projection où chacun peut reconnaître une présence familière ou étrangère, intime ou collective. Elles ne représentent pas quelqu’un ; elles rendent possible la rencontre avec une multitude de figures.
Les gueules bleues déplacent la question. Plus incarnées sans être réellement autobiographiques, elles introduisent une interrogation sur la position même du regard. Qui observe ? Qui participe ? Qui est observé ? Et que devient une scène lorsque la conscience d’être regardé s’y installe ?
À travers cette coexistence de registres picturaux, de symboles et de récits suspendus, Gueules Carrées propose moins une galerie de portraits qu’un théâtre silencieux de présences humaines. Les figures y apparaissent toujours liées à ce qui les entoure, comme si leur histoire ne pouvait jamais être contenue dans un visage seul.
« 3919 »
75×115
Acrylique sur toile
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